sociologie métier profession

By 1 décembre 2020Non classé

Au-delà du constat d’une grande disparité des trajectoires et carrières selon les groupes professionnels auxquels ils appartiennent, les auteurs de la dernière partie de l’ouvrage remarquent qu’en dehors des facteurs individuels, les inégalités de chances de carrière des professionnels obéissent à des principes organisateurs identifiables (de féminisation, de valorisation, de risques de chômage, de rétributions…). Réflexions initiées par Platon, Aristote… Vise une connaissance rationnelle (distinguée de la visée esthétique ou dogmatique) Ainsi, d’une certaine manière, limite et intérêt de l’ouvrage ne font qu’un puisqu’une partie de sa portée réside dans les travaux à venir. Cette revue de synthèse de deux publications qui marquent une inflexion significative dans le développement de la sociologie des professions en France sera complétée par un dernier ouvrage collectif, L’injonction au professionnalisme (Boussard, Demazière, Milburn, 2010), qui articule un certain nombre des approches issues des deux premiers ouvrages étudiés. Pour le sociologue M. Sorel, la profession est ainsi « un métier socialement organisé et reconnu ». Ce glissement sémantique permet donc un nouveau partage de la division du travail entre sociologie des professions et sociologie du travail : en instituant une sociologie des groupes professionnels, le contenu de l’activité de travail rentre dans l’analyse du sociologue. Il reste que la caractérisation d’une profession demeure difficile. Ce n’est pas le registre d’un chercheur. Aucune activité professionnelle n'est ainsi gravée dans le marbre, sinon celui de sa stèle funèbre. La recherche de protections légales dépend donc de la capacité de la profession à se rassembler et de sa position dans la division morale du travail par rapport aux autres groupes professionnels qui l’entourent. Publié le 06 octobre 2016 à 16h21 - Mis à jour le 15 novembre 2016 à 16h18, Paroles d’entrepreneurs, au cœur des territoires. C'est d'abord à une compréhension du terme en français qu'ils nous invitent, pour examiner plus tard les apports de la « sociologie des professions » qui s'est principalement développée dans les pays anglo-saxons. 29Malgré l’identification de ces menaces, il n’en reste pas moins que l’intérêt de cette « troisième voie » serait de dépasser l’opposition fonctionnaliste métier (occupation)-profession tout en invalidant également l’indistinction interactionniste totale. 9Face à cette littérature majoritairement anglo-saxone, un des premiers intérêts de ces deux publications est d’expliquer le retard français dans le développement de la sociologie des professions. Par ailleurs, et c’est à mon sens l’un de leurs principaux apports, ils redonnent toute leur importance à l’analyse du contenu du travail, ce que – à la fois les fonctionnalistes et les interactionnistes – avaient un peu évacué de leurs recherches. (Le Bianic, Vion, 2008). Sociologue Personne qui fait de la recherche en vue d'analyser, de décrire et d'expliquer les phénomènes sociaux relatifs à l'organisation de la vie en société et aux interactions humaines observables au sein de diverses structures (famille, communautés d'appartenance scolaire, ethnique, professionnelle, politique, etc.) Analyses d’une dynamique plurielle » paru en 2010 et dont l’un des coordinateurs, Didier Demazière, ainsi que plusieurs contributeurs, ont participé aux deux ouvrages. L’introduction de standards de qualité constitue une autre façon de mettre à mal l’autonomie des groupes professionnels. Les groupes professionnels (occupational groups) sont des processus d'interactions qui conduisent les membres d'une même activité de travail à s'auto-organiser, à défendre leur autonomie et leur territoire et à se protéger de la concurrence ; - 2. 17Penser les « groupes professionnels » présente l’intérêt d’amener des ruptures dans la conception de l’objet d’étude qu’il convient de présenter. Dans cet essai désormais classique publié en 1897, tous les chiffres ont été calculés à la main à partir d’informations glanées dans des registres officiels. Parmi les contributions à l’ouvrage dirigé par Didier Demazière et Charles Gadéa, plusieurs intègrent également l’activité de travail dans leur approche et n’en font que mieux ressortir la variété des dynamiques professionnelles. En effet (…) son point de départ n'est pas l'unité communautaire d'une profession, mais au contraire les « conflit d'intérêts et de changements ». Il dégage quatre principes fondateurs que Dubar et Tripier ont synthétisés : - 1. Les groupes professionnels cherchent à se faire reconnaître par leurs partenaires en développant des rhétoriques professionnelles et en recherchant des protections légales. « La vie de millions de Ouïgours ne vaut donc pas plus que quelques caricatures ? La centration du regard selon ces trois axes se retrouve, peu ou prou, dans les modalités d'analyses sociologiques des professions que nous évoquerons ensuite. Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil. D’une part, raisonner à partir des « groupes professionnels » prend particulièrement sens dans le contexte français dans lequel les professionnels sont majoritairement des salariés, c’est-à-dire qu’ils sont par conséquent plus ou moins éloignés de la profession libérale à l’origine des théories (fonctionnalistes notamment) des professions (Partie 1, Demazière, Gadéa). Mais nous y reviendrons. Toujours dans la continuité de la perspective interactionniste, la qualité de professionnel n’est pas définie uniquement par et pour les professionnels eux-mêmes, elle dépend des rapports de pouvoir qui se mettent en place avec les autres groupes professionnels proches, avec les autorités légitimes, les instances étatiques, les destinataires de l’activité… (Boussard, Demazière, Milburn, 2010). « J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses ou des explications culturelles ou sociologiques à ce qui s’est passé », expliquait, comme en écho, Manuel Valls quelques mois plus tard. Becker H. S. (1985), Outsiders. Champy F. (2009), La Sociologie des professions, Paris, puf. A. Strauss tout particulièrement développe une réflexion sur les « segments professionnels ». Le métier est ainsi la somme des gestes professionnels et … 6En réaction à ce courant qui étudie le modèle peu répandu des professions prestigieuses, l’interactionnisme s’est construit autour de l’étude des « petits métiers », voire des activités à la limite du métier tels que les « musiciens de danse » (Becker, 1985). 1Bilan critiqueUne nouvelle étape dans la sociologi(…). Goffman E. (1994) [1968], Asiles, Étude sur la condition des malades mentaux, Paris, Éditions de Minuit. 24En partant de ses premières recherches sur les architectes et en les croisant avec la sociologie des sciences, Florent Champy montre ainsi que, si les antinomies présentées ci-avant ont permis aux interactionnistes de mettre à jour les impasses de l’approche fonctionnaliste, il n’en reste pas moins que l’approche interactionniste présente également des points négatifs. Il faudra donc attendre les années 1980 pour que le déplacement des terrains d’enquêtes oriente l’intérêt des chercheurs vers des catégories de travailleurs autres que les ouvriers ou les salariés appartenant au monde industriel. Le passage d’une sociologie des professions (plutôt anglo-saxonne) à une sociologie des groupes professionnels (portée par la France) peut constituer un virage important dans la compréhension des communautés professionnelles qu’elles soient, ou non, prestigieuses, autonomes, voire même seulement à peine reconnues (Demazière, Gadéa, 2009). (…) La dynamique de ces relations produit des « ordres négociés » qui sont contingents et liés aux configurations d'acteurs et à l'organisation des tâches. Les professions sont, enfin, des formes historiques de coalitions d'acteurs qui défendent leurs intérêts en essayant d'assurer et de maintenir une fermeture de leur marché du travail, un monopole pour leur activité, une clientèle assurée pour leur service, un emploi stable et une rémunération élevée, une reconnaissance de leur expertise. Larson M. S. (1977), The Rise of Professionalism. Paradeise C. (1988), « Les professions comme marchés du travail fermés », Sociologie et sociétés, vol. Hughes évoque à ce titre licence (autorisation d'exercer) et mandate (obligation de mission), notamment pour rendre compte de la distinction anglo-saxonne entre professions et occupations. A titre d'exemple, je retiens succinctement ce que Dubar et Tripier reprennent de leurs travaux sur la profession infirmière. 1La sociologie des professions française est une synthèse de plusieurs paradigmes issus de courants sociologiques différents : fonctionnalisme, interactionnisme, sociologies néo-marxiste et néo-wébérienne… Ces courants ont émergé les uns par rapport aux autres et ont été réceptionnés de manière différente dans des pays libéraux de type anglo-saxon et des pays, tels que la France, dans lesquels l’État joue un rôle important dans la régulation et la légitimation des groupes professionnels. Historien : Métier d’étude et de recherche par excellence, l’historien étudie les faits et les événements dans le passé pour les comprendre et les interpréter. S’intéresser aux professions moins prestigieuses que les médecins, les avocats et les ingénieurs s’inscrit dans la lignée de la sociologie interactionniste qui a déjà étudié des groupes professionnels nouveaux ou à la limite du groupe professionnel : ainsi Sutherland (1937) s’est intéressé au voleur professionnel, Cressey (1932) aux danseuses payées à la danse ou encore Becker (1985) aux musiciens de jazz. 28Florent Champy revient sur les menaces qui planent sur l’autonomie professionnelle et pourraient mettre à mal cette figure. Dans le tumulte de l’actualité, son rôle consiste au contraire à prendre du recul, à quantifier les pratiques et à décrire les expériences qui se cachent derrière les mots les plus usuels : SDF, casseurs, incendiaires, ­djihadistes… Autrement dit, il peut comprendre les mécanismes qui ont amené les frères Kouachi à tuer, sans pour autant, bien sûr, leur trouver des excuses. [5] En reprenant les propos de Carr-Saunders et Wilson, nous arrivons à une modélisation où « les professions impliquent une technique intellectuelle spécialisée, acquise au moyen d'une formation prolongée et formalisée et permettant de rendre un service efficace à la communauté » [6] Parsons essaie d'affiner la réflexion de ses collègues anglais en examinant la situation aux Etats-Unis à la veille des années quarante. Une pétition d’élus et de personnalités réclame un « Noël sans Amazon », La difficile implantation d’Amazon près de Rouen, « L’introduction en Bourse d’Airbnb démontre l’agilité d’une entreprise qui ne possède rien, mais est partout », « Le service public des médicaments en gros aux pharmacies est un marché vicié par une subvention aveugle de 900 millions d’euros ». Ils ne manquent pas, logiquement, de préciser ce qui constitue à leurs yeux le triple enjeu des professions : Les professions représentent des formes historiques d'organisation sociale, de catégorisation des activités de travail qui constituent des enjeux politiques, inséparables de la question des rapports entre l'Etat et les individus, question désignée traditionnellement, depuis Durkheim, en sociologie, comme celle des « groupes intermédiaires ». Les interactionnistes, eux, considèrent que ces protections et cette autonomie sont obtenues à l’issue de luttes avec d’autres « segments » professionnels concurrents (Hughes, 1996 ; Bucher, Strauss, 1992). Selon Florent Champy, les professions à pratique prudentielle bénéficient de protections parce qu’elles sont parvenues à convaincre que la nécessité d’être protégées est dépendante des solutions pertinentes. Parmi les formes de protection les plus courantes, les barrières à l’entrée qui passent par la socialisation et la transmission des savoirs ont une place toute particulière dans la sociologie des professions anglo-saxonne puisque, notamment, le contrôle du contenu des compétences revendiquées permet de défendre le monopole d’exercice dont se prévalent les « professions » par rapport aux « occupations ». Il vous reste 74.26% de cet article à lire. Au-delà des prescriptions identitaires nombreuses qui réglementent et délimitent ces métiers du soin, il y a la place d'un jeu de compréhension, d'application, et donc d'interprétation, des rôles professionnels où sont, de manière quasi insécable, à l'œuvre des composantes personnelles, institutionnelles, politiques, corporatistes, etc... [1] Claude Dubar, Pierre Tripier, « sociologie des professions », Armand Colin, Paris, 1998, 256 pages, IDE Collection a regroupé tout le matériel nécessaire au management de vos équipes : livres, revues, fournitures, stylos, tenues, idées cadeaux... Découvrir nos produits, Publiez vos annonces, et consultez la cvthèque du site EMPLOI Soignant : des milliers de profils de soignants partout en France. Comment le confinement permet d’éviter des milliers de morts, Pourquoi nos modes de vie sont à l’origine des pandémies. », Cette confusion, le sociologue l’a vue à l’œuvre dès 2001. Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Freidson E. (1986), Professional Powers: A Study of the Institutionalization of Formal Knowledge, Chicago, University of Chicago Press. En effet, l’accroissement d’un contrôle managérial exogène au groupe professionnel se fait plus prégnant et se retrouve dans « l’injonction de faire preuve de professionnalisme » (Champy, p. 195). 22Après avoir retracé l’inflexion interactionniste donnée à l’étude des groupes professionnels en France (Demazière, Gadéa, 2009), il convient de rendre compte d’une autre façon d’envisager l’étude des professions et qui consiste à articuler l’héritage fonctionnaliste aux apports interactionnistes en tenant compte des limites de chaque courant (Champy, 2009). Avec l'avènement de la sociologie moderne, notamment à partir de Durkheim en France, à la fin du dix neuvième siècle, il s'est agi de décrire les réalités, dont celle du travail, de façon non plus normative, mais analytique. AccueilNumérosN°3, vol. En effet, la publication simultanée de ces ouvrages témoigne de la vitalité de la sociologie des professions en France et de la capacité des chercheurs qui la représentent à intégrer les traditions anglo-saxonnes sans perdre la spécificité française (dans le livre coordonné par Demazière et Gadéa, le statut ; dans le manuel de Champy, les savoirs et la sociologie des sciences). Enfin, quand les fonctionnalistes expliquent les protections et l’autonomie d’une profession, ils le font au regard d’une nécessité inhérente à la fonction sociale remplie par la profession en question (Parsons, 1955). Gadéa qui s’inscrit directement dans le prolongement critique de la tradition interactionniste. Le passage d’une sociologie des professions à une sociologie des groupes professionnels  constitue un virage important dans la compréhension des communautés professionnelles qu’elles soient, ou non, prestigieuses, autonomes, voire même seulement à peine reconnues. Il faut donc que les clients et l'Etat qui les représente puissent s'assurer de la compétence juridique (attestée par un diplôme) des offreurs de service de soin. Se connecter. Ce terrain n’a donc été investi que récemment par les sociologues français (Gadéa, 2010). vendredi 4 juin 2004, par Thierry Desbonnets. En effet, la sociologie du travail, Georges Friedmann en tête, s’était très largement focalisée sur les activités professionnelles exercées par les classes ouvrières, laissant dans l’ombre les cadres, professions libérales et autres professions plus ou moins intellectuelles. Boussard V., Demazière D., Milburn Ph. Signifier ainsi les choses, c'est marquer d'emblée que les discours, qui ne peuvent simultanément embrasser ces trois dimensions, privilégieront tel ou tel axe pour mettre en perspective la réalité des professions. Mais de quoi parlons nous quand nous parlons de profession ? (…) Dans le troisième sens, défini comme « ensemble des personnes exerçant le même métier », le sens du terme profession est proche de celui de corporation ou de groupe professionnel désignant l'ensemble de ceux qui ont le même « nom de métier » ou le même statut professionnel. C'est à cet examen que la sociologie interactionniste s'est plus particulièrement attachée. 25, no 3, p. 352-375. Je cite Dubar et Tripier : Dès lors que les hôpitaux publics se développent, une offre de soins infirmiers comme service marchand émerge et nécessite une demande de personnes qualifiées et organisées en tant que telles. Cela est d’autant plus vrai avec le second ouvrage dans lequel Florent Champy remet en avant la sociologie fonctionnaliste anglo-saxonne. Le schéma qu'ils dégagent à propos des infirmières est assez général et sa structure vaut probablement dans bien des cas. Nadège Vézinat, « Une nouvelle étape dans la sociologie des professions en France », Sociologie [En ligne], N°3, vol. Hughes Everett C. (1996), Le Regard sociologique, Paris, Éditions de l’ehess. Lecture du Monde en cours sur un autre appareil. Bucher R., Strauss A. Parmi les menaces recensées, quatre peuvent être distinguées : le déclin de l’autorité des professionnels, l’accroissement du contrôle managérial, l’éloignement des lieux de régulations qui deviennent supranationaux et la normalisation des pratiques. [8] Au terme de ce détour par une modélisation qui doit (ou qui dépend) beaucoup au monde anglo-saxon, force est de constater que les professions paramédicales, qui sont au cœur de ce travail de recherche, semblent néanmoins correspondre à la définition d'une profession au sens fonctionnaliste du terme. D’autre part, passer d’une sociologie des professions plus ou moins établies, à une sociologie des groupes professionnels permet une extension du domaine d’étude et donc d’étudier des groupes professionnels encore non reconnus puisque soit émergents, soit problématiques, qui sont restés jusque-là hors du champ de la sociologie des professions, et qui peuvent à présent être analysés en tant que tels (Partie 4, Demazière, Gadéa). Considérer le groupe professionnel comme le résultat de relations de concurrence avec les autres groupes qui structurent l’environnement professionnel s’inscrit donc en lien avec les travaux d’Abbott (1988) : « ce faisant, il s’agit moins de rendre compte de l’influence d’un élément de la configuration sur le groupe, que de jeux pluriels d’influences réciproques et de combinaisons d’alliance et de luttes, d’emprunts et d’échos. 1 |  2010, mis en ligne le 28 octobre 2010, consulté le 18 novembre 2020. 16Au-delà de ce que permet d’inclure la sociologie des groupes professionnels, réfléchir en termes de groupes professionnels permet de mobiliser la notion de « professionnalisation » pour étudier les dynamiques professionnelles comme « des processus évolutifs, vulnérables, ouverts, instables. ». Construction des identités sociales et professionnelles, Paris, Armand Colin. Sutherland E. H. (1937), Professional Thief: by a Professional Thief, Chicago, Chicago University Press. Accédez à tous les contenus du Monde en illimité. Enfin, la normalisation des activités économiques constitue selon Florent Champy la dernière menace.

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